Trade Winds and Westerlies

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<i>Trade Winds and Westerlies</i>

Installation
Matériaux : bois, parpaing, mousse, métal, plexiglas, corde, vidéoprojecteur, ordinateurs, écran de télévision, caméras, enceintes.

Surface de l’installation : environ 900 x 900 cm
Dimensions de l’écran du billboard : 400 x 330 x 158 cm
Dimensions de la structure du diorama : 175 x 215 x 175 cm
Dimensions du dispositif de triple caméra (soufflet replié) : 28 x 13 x 32 cm
Dimensions de la structure du téléviseur : 80 x 100 x 85 cm

Trade Winds and Westerlies explore les façons dont les représentations de l’espace et du paysage dans les médias mainstream transmettent et construisent des récits fondés sur nos conceptions de l’inconnu, du lointain et de l’altérité.
Ce projet met en jeu des archétypes cinématographiques développés à travers le genre du western depuis 1939 à Hollywood, tels que : l’utilisation indispensable du paysage dans le récit, l’importance de la ligne d’horizon dans la composition des images ou encore le rendu colorimétrique particulier issue du procédé Technicolor.

Vers 1870, au plus fort de la conquête de l’Ouest, des pionniers américains introduisent par erreur une plante appelée "chardon russe" dans le Dakota du Sud. Elle a la forme d’un buisson qui, une fois sec, roule au gré du vent. En quelques décennies, cette plante invasive, rebaptisée "tumbleweed", a conquis tous les territoires du Mexique jusqu’en Alaska.
Ce film projeté sur un écran reprenant la forme d’un panneau publicitaire est une simulation générée en temps réel par un programme informatique qui autonomise la production de vent. Ce phénomène climatique permet à un tumbleweed de se déplacer de manière aléatoire dans différents écosystèmes. Ceux-ci sont créés à partir des données topographiques des lieux de tournage des films The Searchers (1956) réalisé par John Ford, Apocalypse Now (1979) dirigé par Francis Ford Coppola et Interstellar (2014), de Christopher Nolan.
Les tumbleweeds poussent dans des espaces anthropisés, c’est-à-dire des lieux qui ont été modifiés par l’activité humaine. Cette simulation propose de symboliser et de réinterpréter la colonisation humaine de divers espaces via la migration et la conquête d’une espèce végétale rudérale.



Une structure intègre un système de prise de vue disposé pour filmer depuis le haut, un diorama représentant le terrain de la simulation précédente. Ce système peut être actionné par le spectateur à l’aide de cordes. Cette installation permet d’expérimenter de manière ludique la prise de vue verticale du paysage si représentative des technologies de surveillance aérienne. Celles-ci sont devenues un certain standard à la fois scientifique, tactique et documentaire pour représenter des territoires flous et inaccessibles en proie aux conflits, aux embargos ou aux guerres.





Les flux vidéo du diorama sont captés par une caméra bricolée pour reproduire le premier procédé qui permet la production stable d’images cinématographiques en couleur. Le système interne de la triple caméra est composé d’un prisme qui sépare l’image en trois versions colorimétriques : cyan, magenta et jaune. La superposition de ces trois couches colorées permet la création d’un film en couleur en adaptant le procédé trichrome développé par Technicolor, dès 1928, aux normes du domaine numérique.