Spéculation

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<i>Spéculation</i>

Tirages jet d’encre recto-verso, contrecollés à l’endroit et l’envers sur plexiglas.
100 x 60 cm.

Les photographies représentent l’utilisation d’une caméra endoscopique imaginaire entre un médecin et son patient. Sur l’instrument de vision, on peut distinguer une surface sensible directement reliée au cerveau du médecin ; une optique motorisée et éclairée grâce à la fibre optique ; et un tube d’allonge utilisé comme contenant de l’optique mobile, correspondant à la focale de cette dernière.
Pendant longtemps, la photographie médicale intracorporelle n’existait pas parce que les films n’étaient pas assez sensibles. Ainsi lorsqu’un médecin diagnostiquait un mal à l’intérieur du corps de son patient, il ne pouvait ni lui montrer, ni demander une contre-expertise directe. François Moutier (1881-1961), un célèbre gastro-entérologue a développé la technique de l’endoscopie en France. Pour combler l’absence de prise de vue de son appareil, il réalisait des dessins et peintures qu’il pouvait joindre au dossier du patient.

Ces photographies, faites sur ordinateur, ne donne pas à voir au spectateur ce que voit le médecin dans l’endoscope. D’ailleurs, la conception même de l’appareil ne prévoit pas la possibilité de photographier. Ainsi, je donne à voir des mises en scènes médicales tout en cachant le sujet de l’opération. Je joue avec l’idée que l’outil et la technique sont montrés alors que l’image produite ne l’est pas. C’est comme si je dissimulais l’intérêt même de cette technique avec une mise en abîme. Et le spectateur ne peut que spéculer sur ce que voit le médecin. De plus, c’est également une manière de mettre en scène la représentation du photographe dans la photographie.
Je joue une sorte de jeu en représentant un outil analogique de manière numérique.